Roc de Sers
Sers, Charente
Le site préhistorique du Roc de Sers, a livré la plus ancienne frise sculptée connue à ce jour. Les plus importantes fouilles archéologiques ont été réalisées par le Dr Léon Henri-Martin, de 1909 à 1929. Le gisement a livré plusieurs habitats sous abris et des milliers d’outils de silex, spécifiques du Solutréen supérieur (pointes à cran et feuilles de laurier), ainsi que des plaquettes de calcaire portant des gravures animales. L’intérêt majeur est la découverte d’une série de blocs calcaires ayant appartenu à une frise sculptée pariétale d'une dizaine de mètres de long. Les blocs originaux sont conservés au Musée d’Archéologie nationale. Chevaux, bisons, bouquetins, rennes et oiseau, mais aussi deux figures humaines schématiques et des signes peints (points), composent cet ensemble exceptionnel.

La recherche

Une recherche pluridisciplinaire Share page with AddThis

La compréhension des sociétés magdaléniennes nécessite des approches multiples, car les vestiges découverts lors des fouilles sont d’une grande variété. Le croisement des regards formés à différentes disciplines permet d'aboutir à une connaissance plus pertinente, des sociétés magdaléniennes. 

Du vestige à l'analyse Share page with AddThis

Les abris sous-roche sont des sites stratifiés dont l'étude prend en compte la succession des niveaux d'occupation du fait de leur enfouissement. La particularité de ces sites ornés réside dans le lien stratigraphique qu'il est ainsi possible d'établir entre les parois sculptées et les couches archéologiques. Niveau par niveau les archéologues cherchent à mieux comprendre l'organisation et la cohérence des vestiges d'occupation les uns par rapport aux autres. 
 
Seule une partie des vestiges nous est parvenue et constitue souvent des traces ténues des activités paléolithiques : chasse et pêche (armature en os ou en pierre), domestique (aiguille, racloir, lissoir...), habitat (foyers, pavages, anneaux pour architecture légère ou suspension), dimension symbolique (parures, statuettes, art mobilier, art pariétal), et sépultures.
 
Pour comprendre un site ou plus précisément une structure, l'archéologue est obligé de la démonter. Son geste, pourtant indispensable à la connaissance, est irréversible. Seul témoin de ce qui a été observé au moment de la fouille, l'enregistrement des données doit donc être le plus précis et exhaustif possible sans mêler observation et interprétation pour permettre une reprise ultérieure de ces données, alors devenues le seul recours des archéologues futurs.
 
Dans la pratique, la reprise de données issues de fouilles anciennes, comme celles de la plupart des abris sculptés magdaléniens, sont tributaires des choix opérés par les anciens fouilleurs au moment de l'enregistrement et influencés par les enjeux de la recherche de leur génération. De plus, tous ces documents n'ont malheureusement pas toujours pu parvenir jusqu'à nous. La reprise des archives de fouilles (plans, minutes de terrain publications, mobiliers...) accompagné d'un retour au site (analyse de la paroi, nouveaux relevés...) permet une réinterprétation des sites dans le contexte de la recherche actuelle.
 
Les recherches actuelles produisent de nouvelles observations relatives aux contextes archéologiques du site (répartition spatiale des vestiges) ainsi qu'à son environnement en faisant appel à de multiples disciplines des sciences environnementales, humaines et sociales. 
 

De l'analyse à l'interprétation Share page with AddThis

La compréhension du site et de la société qui l'a occupé naît de la mise en perspective et du croisement des observations et des analyses.
 
Les interprétations permettent de renouveler la connaissance des sites et des sociétés. Étayées, argumentées, démontrées, en tenant compte de leurs limites, ces hypothèses restent néanmoins dépendantes du contexte de la recherche dans lequel elles ont été proposées. Elles s'élaborent à différentes échelles et peuvent se compléter.
 
On constate par exemple que dans l'histoire de la préhistoire, les premières recherches s'attachaient à la chronologie et la succession des occupations alors qu'aujourd'hui, elles s'ouvrent à une analyse des sociétés dans leurs territoires et donc aux relations fonctionnelles ou culturelles entre les sites.
 

La formation des abris sous-roche Share page with AddThis

Les abris sculptés magdaléniens se situent dans un contexte géologique bien particulier, celui des karst calcaires même si les calcaires sont de nature différente. Le phénomène de creusement des abris sous-roche repose sur les mêmes principes généraux : une érosion liée à l'eau suivie d'effondrements de la paroi.

Contexte géologique Share page with AddThis

Il y a environ 150 millions d'années, la mer recouvrait l'ouest de la France. Elle se retire par la suite mettant à nu les dépôts marins accumulés. Ces dépôts sont dès lors érodés par le creusement des vallées, les cours d'eau s'attaquant aux formations les plus tendres. Les karsts en constituent les témoignages fossiles.  

 
L'altération physique des falaises, principalement par gélifraction donnent naissance aux abris sous-roche. Les alternances de gel et dégel creusent les bancs rocheux les plus tendres et poreux. Progressivement, ces mécanismes créent un surplomb, libérant un fond d'abri et une terrasse ou socle rocheux. L'espace ainsi constitué, dit abri sous-roche, est propice à l'installation des hommes du Paléolithique en leur fournissant un toit et un lieu de vie à la lumière du jour.
 
Des sédiments et des fragments rocheux s'accumulent sur le sol des abris permettant l'enfouissement rapide des vestiges abandonnés par l'Homme.
 

Méthodes d'analyse de l'art pariétal Share page with AddThis

L'analyse de l'art pariétal repose sur des méthodes adaptées aux sites étudiés et aux problématiques archéologiques définies par les équipes de recherche. Pour les abris sculptés, après les indispensables étapes de l'enregistrement photographique et du relevé analytique, le recours aux technologies 3D a permis d'asseoir des hypothèses d'interprétation des œuvres et de valoriser les sites. La datation des ensembles pariétaux autorise quant à elle une approche inter-sites des abris sculptés.

Enregistrement photographique Share page with AddThis

La perception des œuvres paléolithiques, et des sculptures pariétales en particulier, varie fortement selon l'éclairage, l'échelle et l'angle de prise de vue dont elles bénéficient lorsqu'elles sont photographiées. C'est pourquoi il est nécessaire de faire varier l'ensemble de ces facteurs, cruciaux dans l'appréciation des graphismes pariétaux, lors de leur enregistrement photographique.

Les clichés des sculptures et des gravures sont ainsi réalisés en positionnant l'appareil parallèlement au plan moyen de la paroi afin de limiter les effets de convergence des lignes horizontales et verticales, puis sont redressés grâce à un logiciel de traitement photographique pour corriger les déformations géométriques de l'objectif.
 
Les sources de lumière modernes (spots à lumière froide, flash) ne permettent pas de rendre compte de l'éclairage paléolithique des sculptures : la lumière solaire fait cruellement défaut, trois des quatre sites étudiés ayant été mis au noir pour des raisons de conservation, ainsi que celle des foyers, retrouvés et signalés en bas de paroi dans tous ces abris. Les modèles numériques tridimensionnels  permettent toutefois de les simuler et donc de palier en partie ces manques.
 
Au Roc-aux-Sorciers et à Cap Blanc, les traces de peinture conservées dans les dispositifs pariétaux sont visibles sur les clichés pris sous lumière blanche ayant subi des traitements colorimétriques par ordinateur.
 

Relevé analytique Share page with AddThis

Le relevé analytique est la première étape indispensable à toute étude scientifique d'art pariétal. Par l'analyse des stigmates affectant la paroi (naturels et anthropiques, anciens et récents), il permet la bonne lecture des œuvres et en constitue une réelle cartographie qui requiert une légende propre à chaque nature de trace relevée. Le croisement de plusieurs regards sur un même relevé est nécessaire pour assurer une meilleure objectivité.
 
Deux techniques différentes ont été adoptées selon les sites étudiés.
 
Le relevé sur feuille de polyane, employé au Roc-aux-Sorciers, est de type déroulé. La feuille est appuyée sur une structure légère placée près de la paroi tout en évitant son contact. Pour les blocs, elle est en revanche posée sur leur surface après accord des restaurateurs. Chaque élément à relever, éclairé par une lumière mobile, est tracé sur le polyane. Le relevé est ensuite mis au propre sur un logiciel de dessin et décomposé par calques selon la nature des stigmates. Il est parfois accompagné d'un rendu plastique restituant les modelés.
 
Le relevé numérique par vidéoprojection a été mis en œuvre pour des raisons de conservation sur les trois autres sites. Les informations sont saisies grâce à une table graphique reliée à un ordinateur portable, lui-même relié à un vidéoprojecteur projetant sur un plan parallèle à la paroi. Le relevé est effectué par au moins trois personnes (table graphique, éclairage, indication des éléments à relever), ce qui oblige à confronter les points de vue.
 
Relevé de la frise de la Chaire-à-Calvin Relevé analytique par projection

Relevé et restitution 3D Share page with AddThis

La restitution des volumes des œuvres pariétales et de leur support étant devenue l'une des exigences essentielles du relevé, les techniques d'enregistrement se sont développées depuis quelques années. Conduites par des problématiques scientifiques, les technologies 3D permettent aujourd'hui l'acquisition de données utiles à l'analyse des œuvres (mesures, coupes et profils d'objets, approche fine de la volumétrie des parois et des œuvres, simulations – déplacements virtuels, variation des sources lumineuses, raccords virtuels de blocs ornés, comparaisons homothétiques de formes) et à leur restitution au public, sans toutefois se substituer au relevé analytique  qui ne remplit pas la même fonction.
 
Les quatre abris sculptés ont bénéficié de numérisations 3D de leur topographie générale et de leurs parois et blocs. Celle-ci est effectuée selon divers niveaux de précision en fonction de la nature des zones scannées (naturelles, sculptées, gravées). Un distance-mètre laser effectue un mesurage spatial en émettant un rayon qui balaie la surface. Il fournit un scan sous forme de fichiers de points de coordonnées X Y Z. Une caméra numérique capture des images en couleurs utiles au premier habillage du modèle numérique (mapping), complété par des clichés photographiques. Le modèle numérique de surface (MNS) est par la suite réalisé en assemblant les fichiers harmonisés, et la base de données de référence est exportable en formats d'usage courant.
 

Datation(s) Share page with AddThis

L'attribution des ensembles pariétaux étudiés au Magdalénien moyen a été possible du fait de leurs liens directs avec des niveaux occupations. D'une part, le recouvrement des sculptures par des couches archéologiques et des fragments de paroi ornée, au Roc-aux-Sorciers, à la Chaire-à-Calvin et à Cap Blanc, amène à conclure à l'antériorité de la réalisation des œuvres par rapport aux éléments qui les cachent. D'autre part, la présence éventuelle des outils des artistes ainsi que celle de fragments de sculptures retaillées dans les niveaux d'occupation permettent d'associer les œuvres pariétales à ces derniers, comme au Roc-aux-Sorciers.

 
Cependant, ces indices n'autorisent pas une datation certaine des ensembles pariétaux : les incertitudes chrono-stratigraphiques (nombre, emplacement et étendue des couches archéologiques, localisation du mobilier dans la stratigraphie) liées à l'ancienneté des fouilles principales des abris ne livrent pas de preuves incontestables. De même, la proximité stylistique des œuvres ne permet que de suggérer des hypothèses de rapprochements chronologiques entre les sites. Les dispositifs pariétaux de ces sites ne peuvent pas non plus bénéficier de datations radiocarbone, car les seules traces de peinture noire découvertes sur le site du Roc-aux-Sorciers sont à base d'oxyde de manganèse et non de charbon de bois.
 

Archéologie des sols Share page with AddThis

L'étude des abris sous-roche s'inscrit dans un contexte plus large d'approche de l'environnement et du paysage, c'est-à-dire dans une analyse de l'impact de l'occupation préhistorique sur l'écosystème. L'archéologie des sols rend compte des différentes exploitations des ressources naturelles par les paléolithiques. Ces méthodes d'analyses ouvrent sur des éléments de compréhension d'un développement durable à l'échelle d'un territoire, mais aussi à l'échelle d'un site à travers l'étude de son mobilier et de ses structures. 

Le sol, support de l'habitat Share page with AddThis

Les magdaléniens se sont installés spontanément sur des sites offrant un espace de vie satisfaisant : à proximité d'une rivière, à l'abri d'une paroi exposée au soleil assurant chaleur et protection, et à emplacement clairement identifié dans le paysage (forme de la falaise, proximité d'une confluence de rivière...).

Le sol de ces sites, supports des différentes occupations ont enregistrés des informations précieuses sur l'habitat, la culture matérielle ainsi que l'environnement naturel (déchets alimentaires, pollens, charbons de bois...) et les conditions climatiques (sol gelé, etc).
L'étude de ces sols permet une analyse spatiale des structures et des vestiges. Elle permet aussi de cerner la contemporanéité des activités (taille du silex, tannage des peaux, fabrication de parure...) qui leur sont liées. Les foyers sont des structures fondamentales aux multiples fonctions (éclairage, chauffage, cuisson....) autour desquelles s’organisent les activités et se structurent les relations sociales.
Les anneaux observés sur la paroi et sur des blocs au sol peuvent avoir été utilisés pour fixer des peaux assurant la protection de l'abri et de ses occupants contre les intempéries voire pour délimiter des groupes familiaux ou peut-être encore diviser l’espace intérieur en zones d’activité différente (alimentation, travail des peaux, couchage, etc.)
 

Les ressources en matière première Share page with AddThis

L'homme paléolithique a puisé dans le sol ses ressources en matières premières. Cet approvisionnement peut provenir de gisements proches : Grand-Pressigny pour les silex du Roc-aux-Sorciers (environ 20 km), et le Bergeracois pour ceux de Cap Blanc (environ 50 km) ; les faluns de Touraine pour les coquilles utilisées pour les parures du Roc-aux-Sorciers ; les pigments et matières colorantes... 

Mais aussi de zones plus lointaines comme les coquilles des faluns de Gironde pour Cap-Blanc (environ 100 km), ou encore d'Atlantique ou de Méditerranée, et comme certains silex exogènes qui dénoncent une circulation sur de vastes territoires ou une transmission de proche en proche.
 

Archéologie et paysage Share page with AddThis

Le paysage paléolithique reste difficile à appréhender en dépit des progrès réalisés dans les analyses paléo-environnementales au cours des dernières décennies. Le recul de la falaise, la réduction des auvents, le déplacement du cours des rivières, l'érosion, le couvert végétal ne correspondent plus au paysage magdalénien.
 
Les études évoquent néanmoins un paysage ouvert et un climat froid, proches de ceux des pays nordiques actuels, pour la période d'occupation des abris sous-roche magdaléniens .
 
Pour ces périodes anciennes, aucune trace n'est décelable dans le paysage, sinon à travers les éléments piégés dans le sédiment des sols, contrairement à ce que permet par exemple l'archéologie du paysage pour les périodes médiévales. Les représentations pariétales sont en ce sens un témoignage extraordinaire de la faune environnante dont certains sujets sont de plus caractéristiques d'un climat froid (antilope saïga). Même si les Magdaléniens n’ont pas livré une image fidèle de leur environnement, les espèces qu’ils ont intégrées dans leur symbolique en font bien évidemment partie. Ces représentations nous ouvrent une fenêtre, certes tronquée, sur leurs écosystèmes, mais complémentaire de celle fournie par les restes de faune retrouvés dans les habitats.
 
Outre les choix de représenter la faune environnante, l'Homme magdalénien cherche aussi à laisser son empreinte dans le paysage à travers les sculptures monumentales de ces abris sous-roche visibles par tous.
 

Protection, conservation, valorisation Share page with AddThis

Ces sites préhistoriques sont fragiles et donc vulnérables. Leur dégagement et leur étude modifient en profondeur leurs conditions de conservation. Cela incite à beaucoup de précautions et à la mise en place de mesures de protection en vue de leur transmission aux générations futures. Ces sites de plein air sont désormais fermés pour des raisons de conservation modifiant ainsi en profondeur leur aspect d'origine. Pour certains, encore ouverts au public, leur fragilité oblige à limiter le nombre de visiteurs et à les sensibiliser au travers d'action de valorisation et de médiation associant les chercheurs.

Protéger et étudier les abris sculptés Share page with AddThis

Les abris sculptés paléolithiques constituent un type de site archéologique particulier, associant les contraintes de l'étude d'un site d'art pariétal à celles d'un site d'occupation stratifié. Leur protection et leur étude s'inscrivent dans un cadre institutionnel national précis.

Protection au titre des Monuments Historiques
Les abris ornés sont considérés comme des biens « immeubles » depuis la loi du 30 mars 1887 et leur protection juridique est régie par la loi du 31 décembre 1913 sur les monuments historiques.
Les délais entre la découverte et le classement au titre des monuments historiques sont variables : l’abri du Cap Blanc a été découvert en 1909 et classé en 1926 ; l’abri Reverdit découvert en 1923 et classé en 1924 ; l’abri de la Chaire-à-Calvin découvert en 1927 et classé en 1986 ; le Roc-aux-Sorciers découvert en 1947 et classé en 1955. Ce classement a pour but de soumettre à l’autorisation du préfet de région, au nom du ministre de la culture et de la communication, tous travaux, modifications ou restaurations. Les abords du site sont également protégés dans un périmètre de 500 mètres maximum.
 
Étude et recherches archéologiques
Les fouilles archéologiques sont soumises au contrôle de l’État (Code du patrimoine). Les fouilles programmées (dépendantes des programmes de recherche) sont examinées par les commissions interrégionales de la recherche archéologique (CIRA). L’autorisation est ensuite délivrée par le ministre ou le préfet. Les fouilles préventives sont proposées lorsque des chantiers extérieurs sont envisagés. Les propositions sont de même examinées par les CIRA.
Ces interventions peuvent être de nature diverses : relevé pariétal, prospections, analyses environnementales, voire la fouille si elle s'avère indispensable en prenant soin de conserver des témoins pour les générations futures.
 

Conservation des abris sculptés Share page with AddThis

Dès lors que les sites sont découverts et fouillés, les parois ornées des abris sculptés sont soumis à l’action d’agents naturels physico-chimiques et/ou biologiques et également aux actions humaines malveillantes. 

Le site de la Chaire-à-Calvin (propriété du département de la Charente), est protégé par une clôture Lippi alors que les abris de Cap Blanc (propriété de l'État, géré par le Centre des monuments nationaux), Reverdit (propriété privée) et du Roc-aux-Sorciers (propriété de l’État) sont protégés par une toiture et/ou un mur. Outre la protection physique contre d’éventuels actes de vandalisme, la toiture permet d’atténuer les amplitudes thermiques, de protéger la paroi contre l’ensoleillement direct et les ruissellements d’eau qui peuvent entraîner des pertes de matière des parois ornées.
La présence des propriétaires eux-mêmes (Reverdit), de guides (Cap Blanc), ou de personnes responsables (Roc-aux-Sorciers, Chaire-à-Calvin) rend possible le contrôle et l’accompagnement des visiteurs ainsi qu’une surveillance très fréquente de l’état de conservation : la veille visuelle permet de déceler de possibles variations sur les parois : apparitions ou disparitions minérales ou biologiques. Un entretien régulier du site est aussi réalisé par ces personnels d’encadrement.
Des surveillances plus poussées sont généralement effectuées. Les suivis climatique et biologique sont, des indicateurs de la stabilité du site, en particulier s’il est ouvert au public : augmentation de température, variation de l’humidité relative ou variation de la pollution biologique interne. Ces paramètres permettent de mettre en place les actions adéquates à mener : traitements à effectuer (Reverdit), travaux à accomplir (Chaire-à-Calvin). La surveillance de l’environnement proche des sites est également indispensable (agriculture, urbanisme, voirie…) car ces abris sont des milieux ouverts en relation constante avec leur contexte karstique et paysager (écoulement d’eau, fracturation, végétation…).
 
Enfin, tous les travaux d’aménagement ou de programme liés à des projets de valorisation ou de restitution doivent faire l’objet de cahiers des charges stricts prévoyant : 
- la nature des matériaux qui seront utilisés de façon à s’assurer de leur innocuité ; 
- la façon dont les travaux seront réalisés et la manière dont leur impact pourra être surveillé.
Ainsi, si il y a quelques années dans le cas de projet de valorisation des moulages pouvaient être réalisés (Roc-aux-Sorciers), aujourd’hui, les techniques d’enregistrement topographique numérique en 3 dimensions permettent d’éviter cet impact direct sur les parois (Chaire-à-Calvin).
 

Valorisation des abris sculptés Share page with AddThis

Les sites de Reverdit, Cap Blanc et de la Chaire-à-Calvin sont actuellement ouverts au public et une partie de leur mobilier archéologique est exposée dans les musées. En revanche, le Roc-aux-Sorciers est fermé pour des questions de conservation, mais un centre d'interprétation offre au public, dans une scénographie originale, une vision précise du site et de son contexte magdalénien.

Les recherches menées sur les abris sculptés ont également été publiées dans des revues françaises et internationales dont plusieurs sont accessibles en ligne  
 
Enfin, des reportages informent également le public des recherches conduites sur ces abris : Grands maîtres de la préhistoire. Le génie magdalénien, réalisé par Philippe Plailly et diffusé sur la chaîne Arte en 2009.
 

Centre d'interprétation du Roc-aux-Sorciers Share page with AddThis

Le Centre d’interprétation propose de découvrir la frise sculptée du Roc-aux-Sorciers au plus grand nombre. Il invite le public à plusieurs restitutions : l'une archéologique, l'autre liée à l'imaginaire. Le choc émotionnel avec la dimension artistique de la frise est au cœur de la rencontre. L'objectif n'est pas ici de proposer une explication unique sur le sens de cette frise. Il est de fournir, au fil d'un parcours, des éléments de contexte (espace, temps, lien entre art et habitat...),  et ainsi de  proposer des pistes de réflexion aux visiteurs afin qu’ils puissent construire leurs savoirs et mieux s'approprier l'essence du site. 
C’est ainsi que prend sens la notion de « Centre d’interprétation ». Il ne s’agit ni d’un fac-similé classique, ni d’un musée. La frise sculptée, par les deux restitutions proposées (l’une tactile et l’autre numérique), est utilisée comme un moyen et non pas comme une fin en soi. À travers la frise, et la médiation qui l'accompagne, le public est acteur de sa découverte, de ses interrogations que ce témoignage humain peut susciter. 
Le Centre d’interprétation, par ses choix, cherche à faire du visiteur l'acteur de « sa » rencontre avec le site du Roc-aux-Sorciers. 
 

Les collections dans les musées Share page with AddThis

Les collections des quatre abris sculptés Roc-aux-Sorciers, Cap Blanc, Chaire-à-Calvin, Reverdit sont conservées dans des institutions différentes selon l'histoire de leur découverte et de leur étude.
 
Lucien Rousseau découvre le site du Roc-aux-Sorciers (Angles-sur-l'Anglin, Vienne) en 1927 et effectue plusieurs campagnes de fouilles entre 1927 et 1939. Il y identifie la culture du Magdalénien moyen à sagaies de Lussac-Angles. La collection, ainsi que la documentation archéologique (carnets, clichés, cartes, etc.), a été donnée au Musée d'Archéologie nationale en 2012 par M. Jacques Lemounier, petit-fils de Lucien Rousseau.
Les fouilles réalisées par Suzanne de Saint-Mathurin de 1947 à 1957, puis, de façon moins intensive, jusqu’en 1964, ont mis au jour des séries d’industrie lithique, d’industrie osseuse, d’art mobilier et, chose très rare, d’art pariétal exceptionnelles. Dans un premier temps, en 1973, Suzanne de Saint-Mathurin a donné au Musée d'Archéologie Nationale neuf blocs sculptés et gravés, trois statuettes en ronde-bosse et une plaquette gravée. Dans un second temps, à son décès, en 1991, elle a légué au musée le reste du mobilier archéologique et l’ensemble de la documentation s’y afférant, ainsi que ses archives et sa bibliothèque.
Le site du Roc-aux-Sorciers occupe une place non négligeable dans la Galerie du Paléolithique. Une vitrine est consacrée à l’art pariétal d’Angles-sur-l’Anglin. De plus, dans la vitrine du Paléolithique supérieur, dans la section consacrée à l’art et plus particulièrement à ses interprétations, sont présentés une sculpture en ronde-bosse et une plaquette gravée.
 
Les collections du Cap Blanc sont répartis dans différents lieux : musée d'Aquitaine (collection G. Lalanne), musée de l'Homme (collection Vésigné), musée nationale de Préhistoire (collections Peyrony, Roussot, Castel), et le Field Museum de Chicago pour le squelette et le produit de la fouille de la sépulture.
 
Les collections de l'abri Reverdit sont conservés dans le musée des propriétaires du site, la famille Castanet ainsi qu'au musée national de Préhistoire.
 
Les collections de l'abri de la Chaire-à-Calvin ont été récemment rassemblées au musée d'Angoulême
 
Rondelle découpée à la vache et au veau du Mas d’Azil

Patrimoine mondial Share page with AddThis

Plusieurs grottes ou ensemble de sites préhistoriques français ou étrangers sont inscrits sur la Liste du Patrimoine mondial , car considérés comme des témoins exceptionnels de « chef-d'œuvre du génie créateur humain », mais aussi « témoins uniques ou du moins exceptionnels sur une tradition culturelle ou une civilisation disparue ». C'est le cas du bien espagnol « La grotte Altamira et l’art rupestre paléolithique du Nord de l’Espagne », mais aussi des « Sites préhistoriques et grottes ornées de la vallée de la Vézère », inscrit sur la Liste du patrimoine mondial depuis 1979. Ce bien concerne actuellement 15 sites dont l'abri sculpté du Cap Blanc.

 
L'intérêt d'un tel classement, outre la notoriété pouvant interpeller grand nombre de touristes, engage l’État au regard de l'humanité, à en assurer l'intégrité et l'authenticité en en assurant la protection et la gestion.