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Magdalénien

Culture multiforme d’extension chronologique (18000/11000 BP) et géographique (Europe centrale et occidentale) très importante à la fin du Paléolithique récent. Elle tire son nom de l’abri de la Madeleine (Dordogne). Les traits majeurs du Magdalénien, qui se développe durant le dernier Pléniglaciaire, sont l’utilisation intense des matières dures animales pour la fabrication des outils et des armes, la richesse de l’industrie lithique façonnée sur lame et éclats minces et le développement sans précédent de la parure, de l’art mobilier et de l’art pariétal. Les groupes magdaléniens montrent d’abord une très grande mobilité et une forte adaptabilité à leur environnement. Vers la fin du Magdalénien une régionalisation culturelle s’affirme en conséquence d’une sédentarisation progressive de certains groupes.

Magdalénien moyen
Cette phase chrono-évolutive du Magdalénien se développe durant le Dryas ancien (13500/15500). Elle est caractérisée du point de vue des équipements par le développement important, voire l’abondance, de l’outillage osseux : propulseurs, bâtons percés, baguettes demi-rondes, aiguilles, pointes de sagaies diverses, etc. Cette utilisation de l’os et des bois de cervidés sans précédent est accompagnée d’un formidable développement de l’art mobilier sur tous types de supports. L’art de la gravure, de la sculpture, de la ronde-bosse atteint son apogée et le réalisme des représentations figuratives (animales notamment) en constitue une marque de fabrique. L’art pariétal sous abris ou dans les grottes connait également son plus ample développement depuis l’Aurignacien, notamment dans le sud-ouest de la France, les Pyrénées et la corniche cantabrique. Des différenciations régionales s’intensifient malgré l’existence permanente de contacts répétés entre les groupes régionaux.
Magdalénien supérieur
Le Magdalénien supérieur et final se développent durant le Bölling et la première partie de l’Alleröd (13000/11000), entrecoupés par un court épisode froid. En France et en Espagne cette phase succède en stratigraphie au Magdalénien moyen et se caractérise par la présence d’armes et d’outils spécifiques en silex ou matières dures animales (burins bec de perroquet, grattoirs courts, pointes de Laugerie-Basse, harpons, etc.). Les supports lithiques deviennent de plus en plus petits (abondance de lamelles, d’éclats courts et de microlithes vers la fin du Magdalénien). La diversification des armatures en silex montre une transformation des modes de chasse et une adaptation à des nouveaux gibiers consécutive aux changements climatiques et paléoenvironnementaux de la fin du Tardiglaciaire. Les systèmes de représentation artistique montrent à la fois une continuité culturelle avec le Magdalénien moyen et des innovations symboliques comme les figurations féminines schématiques ou la généralisation de motifs géométriques et abstraits très structurés qui envahissent les objets sur matières dures animales.
Magdalénien à navettes
Faciès chrono-culturel du Magdalénien moyen (14000/15000), connu dans une dizaine de sites de la Gironde à la Pologne et défini par J. Allain et alii en 1985 par la présence, outre le fond commun technique magdalénien, d’un outil qualifié de « navette ». C’est un manche en bois de renne doté de fentes à l’une et/ou l’autre de ses extrémités. Il s’agit vraisemblablement d’un porte-grattoir. Le Magdalénien à navettes est aussi caractérisé par un art mobilier original où les représentations humaines (visages schématiques et phallus) dominent. Une grotte ornée de traits gravés géométriques et de quelques taches de couleur est connue à la Garenne (grotte Blanchard).

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